CÉCITÉ HORS DES CLICHÉS… François MONTENOT Tél. : 06 60 08 35 51 Mailto : f.montenot@photosenaveugle.fr WEB : http://www.photosenaveugle.fr AVANT-PROPOS : Pour une bonne compréhension de la présente plaquette, je tiens à apporter quelques précisions concernant le handicap visuel en général et mon cas en particulier. D'une manière générale, le terme non-voyant, synonyme ''politiquement correct'' d'aveugle, regroupe, certes, les personnes atteintes de cécité totale, mais également celles pour qui le degré de vision est si bas que leur autonomie dépend quotidiennement d'aides humaines et techniques. En ce qui me concerne, j'ai 38 ans et suis non-voyant depuis l'âge de 13 ans. Cet état est la conséquence de l'évolution d'une rétinite pigmentaire (vision tubulaire accompagnée d'une dégénérescence progressive de la rétine) dont je suis atteint depuis ma naissance et qui conduit, à terme, à une perte totale de la vue. Au jour d'aujourd'hui, je ne distingue plus ni les couleurs ni les formes qui m'entourent mais perçois uniquement la lumière vive qui, comble de l'ironie, me dérange, voire m'agresse (photophobie). En revanche, une lumière tamisée ou un lieu ombragé me plonge, sans nuance, dans l'obscurité. PRÉAMBULE : Mon aventure a commencé il y a plus de deux ans alors que mon amie me demandait de la prendre en photo... Afin que je la situe dans l'espace, elle frappa dans ses mains et le résultat fut concluant. Malgré cette première approche positive et une envie sous-jacente, il me fallut plusieurs mois de réflexion avant que je n'ose m'exprimer, pensant qu'un photographe aveugle serait plutôt ridicule qu'original. J'ai donc décidé, pour faire taire les clichés liés à mon handicap, de prouver que ma cécité n'est pas une barrière à l'expression artistique visuelle, mais plutôt un atout, du fait que j'appréhende la photographie d'une manière différente. Puis, subtilement, le défit a laissé place à la passion... POURQUOI, COMMENT : Avant de perdre la vue, alors que je n'étais qu'un enfant, je rêvais d'être garde forestier pour pouvoir ''contempler les arbres toute la journée''… Aujourd'hui, plus que jamais, la forêt et l'eau en milieu naturel, mes sources d'inspirations principales, éveillent mes sens. Toucher le tronc d'un arbre, entendre le bruit du vent dans les branches et celui de l'eau qui coule, ressentir, au détour d'un sentier, la fraîcheur d'une cascade, humer la résine et autres senteurs qu'un sous-bois peut offrir, sont autant de moments que je cherche à capturer. Bien que cette approche sensorielle guide mon objectif, j'ai besoin du soleil pour stimuler ma créativité et ainsi restituer sur mes clichés, à travers la sous et la sur exposition, la dualité nuit / lumière qui résume la perception visuelle qui me reste. D'ailleurs, ma compagne compare souvent mes yeux à des papillons… En effet, sur un chemin forestier ou près d'un plan d'eau ombragé, mon regard est comme aimanté par, un reflet du soleil, un rayon à travers les branches ou une clairière proche, à croire que mes yeux veulent fuir l'ombre pour atteindre la lumière même si celle-ci est aveuglante… TECHNIQUEMENT : D'un point de vue pratique, comme certaines de mes prises de vues demandent moult tentatives avant que le rendu soit optimum, mes photos sont réalisées, en mode manuel, avec un appareil numérique. Ce, sachant que j'effectue les réglages et les clichés seul. Pour finir, la vérification est effectuée par mon amie qui, après avoir éliminé les prises techniquement ratées, me décrit finement et objectivement chaque photo afin que je sélectionne celles qui me correspondent...